Voici un artiste dont on entend parlé de plus en plus mais pas encore assez à mon goût. Saïd, valeur sure de notre paysage rn’b-soul, a sortie en avril 2006 son premier opus entièrement réalisé par Shurik’n. Un album de qualité passé inaperçu sur les grandes ondes mais qui a malgré tout fait sa place parmi le public qui suit l’actualité des indépendants. Saïd prépare actuellement une grande tournée avec IAM qui démarre en décembre alors ne le loupez pas ! Voici une interview dans laquelle il se livre entièrement avec un bel hommage à Shurik’n :
Une petit présentation :
Saïd : Salut, moi c’est Saïd, danseur d’origine et chanteur de rn’b et soul et quand je parle de rn’b je parle bien de Rythm’n Blues. Je suis devenu chanteur à partir de 96. Ensuite j’ai intégré un groupe qui s’appelle Prodige Namore en tant que chanteur du groupe. On s’est séparé en 2000 et je suis parti en tournée avec 3èmeOœil en 2001. Et puis la rencontre avec Shurik’n et un album solo dans les bacs en 2006.
Y’a un lien super fort avec Shurik’n :
Tout à fait, je le considère comme mon grand frère. C’est le meilleur ami de mon frère aîné.
C’est comme ça que tu l’as connu…
Mon frère me l’a présenté à l’époque, j’avais 15 ans, il y a 20 ans de cela, j’en ai 35 aujourd’hui. Donc c’est une histoire de famille on va dire (sourire). On est resté super proche. D’ailleurs on peut constater que beaucoup de gens nous prennent pour des frères. Quand ils me voient avec lui, « vous êtes des frères ? », non mais c’est comme si on l’était, ouais c’est mon frère… ça m’arrive de l’appeler « grand frère » aussi.
Il y a vraiment un lien familial : Oui on peut le dire, franchement oui. (sourire) J’ai de très bon rapport avec lui, on se voit en dehors du travail pour discuter de tout, on s’enrichit en permanence lui et moi.
Ça va au-delà de la musique :
Oui ça va bien au-delà !
Shurik’n a dirigé l’album artistiquement, qu’est qui fait qu’entre vous ça colle vraiment sur le côté artistique ?
On a des caractéristiques similaires, au niveau du swing déjà. Je pense que ce qui a été l’élément déclencheur, c’est quand il m’a appelé pour que je fasse une maquette de 2 titres avec IAM pour un de leurs albums et en même temps ça lui a permis de voir jusqu’où il pouvait m’emmener. Donc on a commencé à bosser et quand j’écoutais le rendu final du morceau sur lequel on a travaillé lui et moi, moi-même je ne me suis pas reconnu… j’ai pris une claque, c’était un swing qui sonnait américain mais ça chantait en français. A partir de ce moment là, j’ai dit « ok, lui, il peut m’emmener ». Le swing, c’était exactement ce que je voulais faire mais j’avais du mal à l’exploiter.
J’ai eu besoin de prendre des cours de chant pour connaître l’identité vocale de ma voix, ce qui est très important. Beaucoup de gens ne le savent peut-être pas mais c’est important de connaître son identité vocale. Avec les cours, la scène et le studio, tout était réuni pour pouvoir faire un album. Je suis allé voir Shurik’n et je lui ai dit « je suis prêt, on peut attaquer ». Il m’a dit « Amène moi tous tes textes et je verrai ce qu’on peut faire ». Il a résumé mon texte entier avec une phrase, il m’a dit « voilà pour dire tout ça, t’as juste besoin de dire ça », je lui ai dit que je n’avais pas de problème d’égo, que j’ai encore des progrès à faire je lui ai amené mes idées et puis il a reformuler les textes avec un style correspondant à nos deux personnalités.
C’est le seul mec qui a compris où je veux aller . Il a su me révéler, il m’a convaincu que je pouvais y arriver. Maintenant, à force de travailler, il y a plein de notes que j’arrive à toucher, très hautes, limite comme un soprano, et ça c’est grâce aux cours de chant, à la technique. Je voulais vraiment qu’il soit là, c’est mon coach. J‘ai toujours besoin qu’il soit là quand je fais un truc comme lui a toujours besoin que je sois là quand il prépare une instru….
Les inséparables (rire)
Voilà on peut dire ça comme ça. Il me voit pas pendant deux jours il m’appelle, moi pareil !!!
Comme des jumeaux !
Comme des jumeaux ! On se voit on reste ensemble, on tchatche !! (rire) On a vraiment besoin de se voir maintenant, c’est au-delà de la musique.
Tu as vraiment pris le temps de réaliser cet album, tu n’a pas eu de barrières particulières. Avec l’entourage que tu as, tu aurais pu le sortir plus tôt … qu’est ce qui a fait que tu as choisi de prendre le temps de travailler, de mûrir ton art ?
Pour être satisfait de ton travail, il faut prendre le temps de le faire. Se presser, c’est aller droit au mur. J’ai besoin de m’inspirer, de voir plein de truc, de mon vécu… Puis la maturité fait aussi beaucoup. Si tu n’es pas mûr, tu fais n’importe quoi. J’ai besoin de me retrouver à travers mon discours pour pouvoir le défendre. Cela demande de la réflexion, de la patience, du travail... C’est un luxe d’avoir le choix de pouvoir faire quelque chose de bien. Je n’ai pas eu de deadline, je faisais vraiment à l’instinct.
Tu n’as pas eu la pression comme avec une maison de disque qui pourrait te dire de finir à un moment précis…
Si je venais à signer dans une major et qu’on tente de me mettre une deadline… je prendrai mon temps quand même (rire). Tu ne m’imposes pas de faire un truc, si tu t’intéresses à moi, laisses-moi faire quelque chose de bien. Je passe du coq à l’âne, je ne suis pas vulgaire mais c’est la réalité : lorsque tu fais l’amour avec ta femme, tu prends le temps de le faire pour qu’elle soit satisfaite aussi, lorsque tu construis une maison, tu fais d’abord les fondations pour qu’elle puisse bien tenir, et bah c’est exactement pareil. Pour moi, la musique c’est prendre le temps de faire les choses.
Au niveau de tes influences, t’es rythm’n blues. Ça me fait beaucoup penser au rn’b des années 90, qu’on n’entends d’ailleurs plus beaucoup… la musique old school… c’est une musique qui manque énormément…
Mes influences sont très larges, je suis éclectique. Je peux écouter Mick Jagger, un morceau de Queen ou même U2. Après c’est toujours pareil, le funk, jazz, rn’b, tout ça…mais j’ai des périodes où je vais écouter beaucoup de funk, et ça va me saouler, d’autres où j’écoute beaucoup de reggae, et ça va me saouler… une période où je ne vais écouter que du gospel, et ça va me saouler… musique africaine... J’ai des périodes aussi où j’écoute beaucoup de rap, Jay-Z, The Roots…
Tu aurais des références Rn’b/ Hip Hop à nous citer :
Pour ceux qui veulent vraiment découvrir la soul, nu soul, tu as : Angie Stone, Anthony Hamilton, D’Angelo, Bilal, Eric Roberson, Jill Scott… il y en a tellement à citer. Moi j’aime beaucoup Omarion car il chante et danse, les américains ont une culture que nous n’avons pas. A 6 ans ils sont déjà dans des églises à chanter comme des malades. C’est un truc qu’on devrait avoir en France aussi. On a la richesse de la langue, du vocabulaire, on pourrait allier la musique aussi. Il y a tellement de références… Kanye West, 50 Cent… je suis un grand fan de Common !!! il est resté dans son truc, il ne dit pas un mot de travers, il fait sa musique et les gens le respectent pour ce qu’il est. Donc voilà ce que j’écoute en ce moment.
J’aimerais bien avoir ta vision du rn’b français, tu as bien rappelé toute à l’heure « le ryhtm’n blues » et c’est vrai qu’il y a plein de chanteurs aujourd’hui, en tout cas dans les plus médiatisés, qui ne savent pas ce que c’est vraiment et d’où ça vient. Que penses-tu de tous ces jeunes artistes qui sortent et de toutes ces pseudos reines ou princesses du rn’b qu’on peut voir à la télé ?
Cela me fait de la peine de savoir que ces soit-disant chanteurs de rn’b n’ont pas de culture. Parce que tu vois, il y a plusieurs styles de musiques dans le rythm’n blues : reggae, rap, funk, jazz, gospel… tout ça fait partie du rnb actuel. En France on a perdu la valeur essentiel de ce mot là. Quand on dit rn’b c’est « gnangnanterie », mais le rythm ‘n blues, ce n’est pas ça du tout ; ça vient du negro spiritual, gospel, du rock…. Avant ils chantaient leur misère dans les champs de coton… et moi quand je fais des concerts avec IAM, je fais une rétrospective pour rappeler aux gens ce que signifient le rythm’n blues. Le rn’b est devenu tellement péjoratif en France que quand on dit "je fais du rn’b", ça ne le fait pas, maintenant on préfère le terme « soul », c’est plus crédible… Mais il y a des bouquins, il faut lire, il faut écouter la musique, il faut savoir pourquoi ça vient de là, pourquoi on a appelé cette musique comme ça. On est dans un pays de formatage. Les majors sont dans un système de rentabilité, de chiffre d’affaire, et la musique, ils n’en ont strictement rien à faire « On va cibler les gamins de 5 à 10 ans, on s’en met plein les poches et puis après ils vont grandir mais on essaiera de toucher d’autres gamins »... Du coup quand les familles vont en concert, il y a un billet pour toi, pour ta femme et tes enfants à 50 euros, donc tu dépenses 200 euros pour voir un artiste que tu n’aimes pas parce que ton fils adore cet artiste là !! Faut arrêter ça, on est en train de tuer la musique. Quand je vois des trucs dans le rap… les raps de chiche kebab…
Il suffit que ta vidéo tourne sur le net, ce n’est pas des clips, ce sont des sketches …
Tu vois, je trouve ça lamentable. C’est comme pour les chanteurs de rn’b, il ne suffit pas d’avoir une voix. On peut associer le fond et la forme, on peut arrêter de rentrer dans les clichés, moi je n’ai pas de style du tout, je suis égal à moi-même, je chante ce que je suis… je vais pas chanter et mettre des bijoux, des costumes, des diamants… non, ça ne me plaît pas du tout. Je préfère être simple, c’est la performance scénique qui compte pour moi et pas la tenue vestimentaire.
Mon écriture est assez proche du rap mais avec des mélodies, des prods Hip Hop mais avec du chant.
De très bonnes prod d’ailleurs, qui a composé ?
Shurik’n. C’est une première pour lui, un premier album chant produit par Shurik’n. Il peut écrire des chansons pour les autres, faire des sons donc si moi je suis le mec qui ouvre les portes pour lui, tant mieux. Avec moi il aura l’exclusivité du travail mais après rien ne l’empêche de faire des trucs ailleurs…
Mais quelque part il y aura toujours ce lien qu’il a avec toi, qu’il n’aura pas avec un autre artiste ?
Exactement. Dès qu’il me dit un truc, je sais, j’ai compris, c’est automatique.(rire)
Revenons aux textes de l’album, que tu as co-écrits avec Shurik’n. On sent une véritable implication, ça va au-delà d’une histoire que tu racontes. On sent que tu as vraiment envie de faire passer des choses dans certains morceaux :
Un morceau comme « Je vous dis merci » par exemple où, on a tous vécu ce genre de situation : tu racontes une histoire à un ami, tu es tellement fier de la raconter, tu la racontes avec le cœur et puis ça ne lui fait pas plaisir, donc il va se moquer de toi. Il va commencer à le dire à une, deux personnes et puis tu deviens l’attraction et on te dit en permanence que tu n’arriveras jamais à faire quoi que ce soit. Ca te fous une rage qu’il faut savoir rendre positive. Donc c’est un morceau qui m’a énormément touché car ce sont des gens que j’estimais beaucoup qui m’ont trahi un petit peu, qui m’ont descendu. Toujours est-il que je ne suis pas rancunier, donc quand je les vois, je parle avec eux, parce que le regard de ces gens là a changé envers moi depuis qu’ils me voient à la télé. C’est paradoxal, on passe de moqueries à "est-ce que tu peux m’inviter dans tes clips ? ». Donc au contraire, plus ils se moquaient de moi, plus je leur disais « je vais y arriver, continuez à me descendre, un jour vous aller voir ». Ca m’a donné beaucoup d’énergie.
Un morceau comme « Seul sans elle » où je rends hommage à ma mère ; tu sais, on n’est jamais préparé à ce genre d’évènement en fait. Tu apprends que tel ou untel a perdu un proche, ça te fait de la peine mais ça ne te touche pas plus que ça, on ne sait pas ce que la personne peut ressentir, dont tu compatis avec mais sans plus. Et quand ça te touche, tu comprends à ce moment là que tout peut t’arriver, mais n’importe quand. Il a fallu que je devienne un adulte à l’age de 14 ans. Tu imagines : tu es encore à l’école, tu es un enfant « j’ai perdu ma mère donc maintenant qu’est ce que je vais devenir ». Ce morceau était dur à poser mais en même temps il est fait pour que ceux qui ont leurs parents en vie prennent conscience de leur chance. On donne tellement d’importance aux choses qui paraissent futiles qu’on néglige l’essentiel : être près de ses parents, pouvoir donner un peu de soi, de passer du bon temps et d’en profiter un maximum avant de te dire « si j’avais su ».
Il y a un morceau où je parle de mes enfants, le message c’est : "il peut y avoir la guerre, la terre peut trembler, tant que je les ai près de moi, tout va bien." On peut constater qu’il y a beaucoup d’enfants qui disparaissent et qui meurt et je peux te jurer que tous ceux qui sont parents, quand ils rentrent chez eux, le premier truc qu’ils font c’est aller voir leurs enfants, voir s’ils dorment bien, s’ils respirent, c’est un réflexe.
Après il y a le morceau comme « Maudite bouteille » qui me touche beaucoup. J’ai mon cousin qui est devenu alcoolique. L’alcool tue et est légal en France, par contre on pénalise l’herbe ou le shit qui peut-être médicinal. Il y a plein de choses que j’ai du mal à comprendre avec le système ; on dit que l’alcool c’est légal, ça fait du bien, et les gens meurent de la cirrhose du foie.
Enfin le morceau comme « Charlie », s’appelle comme ça parce que ça change de « Momo » mais c’est une histoire de quartier. Cela peut arriver à n’importe qui.
Finalement ce que tu racontes dans ce titre peut arriver dans un village comme dans un quartier de banlieue ou en plein Paris
Tu te retrouves à la rue, t’as des enfants, qu’est ce qu’il faut que tu fasses ?braquer des gens, vendre de la drogue ? Et quand tu prends du poids tu te fais descendre. Les plus grands mafieux sont morts. Donc voilà, ce ne sont vraiment que des histoires dans lesquelles j’ai été amené à vivre. Je chante ce que je suis et je chante ce que je vis.
C’est ce qui fais que tu es authentique, en tout cas c’est mon ressenti après avoir bien écouté et lu tes paroles. Tu abordes des thèmes finalement peu abordés dans le rn’b français et accessibles à tous.
Je ne fais pas exprès ! (rire) C’est dommage que les grosses radios n’ai pas diffusées mon album …
Justement, parlons un peu de la promo lors de la sortie de ton album. Personnellement, j’ai découvert ton album tardivement. Même sur le Net, on ne trouve pas beaucoup d’infos sur toi hormis les gros sites Internet. Je n’ai pas eu l’impression qu’il y ai une grosse promo autour de toi
Ce qui m’a le plus touché c’est les radios qui refusent de diffuser. Il y a des gens qui n’ont pas accès à Internet par contre ils ont accès à la radio, donc comment ils peuvent savoir que ton album est dans les bacs ? Les radios devraient servir à faire connaître les artistes en voie de développement. En plus je suis dans un label indépendant, c’est moi qui l’ai voulu, pour garder ma liberté. Il m’est arrivé de rencontrer des gens qui m’ont dit « quand est-ce que tu sors ton album ? », je leur dis que je suis dans les bacs, « c’est pas possible je suis pas au courant ». En plus il est encore largement exploitable, j’ai fait en sorte qu’il soit intemporel, dans le sens où tu pourras l’écouter dans deux, trois, quatre, cinq ans, il te fera toujours le même effet. Aujourd’hui, la seule alternative pour me faire connaître c’est de faire de la scène, je tourne beaucoup avec IAM, là on fait une tournée de décembre à juillet je crois, dans des salles combles. Pour moi c’est la meilleure promo qui puisse exister, faire du live, les gens te découvrent sur scène, il n’y a pas de playback, tu es fasse à la réalité. Et puis si 10% des milliers de personnes qui me voient achètent mon album, dieu merci, moi ça me va largement. Au moins, je suis allé chercher mon public, c’est là que je suis fier de mon travail. Quand tu deviens incontournable, les médias sont obligés de te jouer, donc c’est ce travail qu’on est en train de faire.
Aujourd’hui certains indés ont des difficultés avec les radios : as-tu eu à faire au phénomène de certaines radios qui profitent de leur notoriété pour demander aux indés de les payer pour être diffusés ?
Ha oui, on nous a demandé 25 000 euros.
En fait c’est comme si tu demandes de diffuser un spot publicitaire !
Tout à fait, 25 000€ pour 10 jours, un truc comme ça. Le truc c’est qu’on a pas compris le sens du business. On veut tout, tout de suite pour être dans la sécurité. Dans les radios c’est devenu comme ça. C’est plus : « on le diffuse et si ça marche, on trouve un terrain d’entente et on fait un contrat » ; aujourd’hui c’est tu paies et tu passes, si tu ne paies pas, tu ne passes pas. cela va tuer la radio. Il y a moins de gens qui écoutent la radio, ils sont plus axés Internet donc ça fait des chutes d’audiences.
Tu dois être au courant de la suppression de certaines émissions sur Skyrock comme « Couvre Feu » qui diffusait beaucoup l’indé et qui était super écouté depuis de années….
C’est du n’importe quoi. Après les mecs ont des problèmes d’égos. Ils deviennent parano, ils sont persuadés de faire la pluie et le beau temps. C’est l’égo qui parle. Ce pouvoir là, c’est la faute des artistes et des maisons de disques aussi. Quand tu penses qu’il y a un programmateur radio qui vient des fois dans les studios pour dire « alors quel est le single que tu choisis ? ». Mais qu’est ce que ça veut dire ? c’est ta musique, tu la défends. Donc tu y vas avec ta conviction et si toi tu décide que ce morceau là sera un single, c’est toi qui décide. De toute façon, c’est le public qui choisi au final.
En fait les maisons de disques dirigent les radios ?
Voilà et même les radios ont pris encore plus de pouvoir. Les maisons de disques, excuse moi le terme, elles font des pipes aux programmateurs pour jouer leurs artistes et le programmateur radio va empocher son pognon et joue un peu ce qu’il veut. C’est là que je dis que les maisons de disques et les artistes ont fait n’importe quoi, donner du pouvoir à des gens comme ça. Parce que ça met des bâtons dans les roues de pleins d’artistes qui ont du talent et qui ne seront peut-être jamais diffusés. Et moi-même je ne suis pas forcément pas au courant d’un autre album d’un artiste indé très bon. Les radios sont dans un truc où elles prennent un pourcentage sur les artistes et donc diffusent. Et il y a même des artistes qui se sont arrangés pour que les radios puissent prendre un pourcentage sur leur droit d’auteur. On en est arrivé là, t’imagine un peu. Et c’est illégal tout ça.
Tu commences à travailler sur le deuxième album ?
Oui, comme je dis il faut toujours anticiper et prendre une longueur d’avance sur tout. Donc oui je commence, histoire de travailler, d’être toujours en activité, de garder le fil conducteur quand même. Et puis je continue à défendre mon album du mieux que je peux.
A quand le concert de Said à Paris ?
J’ai déjà pu faire un concert sur Paris à la Scène Bastille avec mes musiciens, c’était vraiment une bonne vibe. Je pense que après la tournée d’IAM, il y aura un concert sur Paris en octobre ou novembre. Si je peux faire des concerts comme dans une salle comme la Scène Bastille, c’est beaucoup plus convivial, je préfère. Je ne suis pas sûr d’avoir pour l’instant le poids pour faire des salles comme le Zénith mais j’espère que ça viendra. Mais pour l’instant faire des salles de 300-400 personnes dans toute la France ça me suffit largement (sourire).
Il y aura un deuxième album mais comment envisages-tu l’avenir au niveau de ta musique ?
Je souhaite la faire évoluer, de pas reproduire ce qui a déjà été fait. C’est un vrai travail, en permanence, pour être meilleur que ce que j’ai été auparavant. Après, ce que je prévois dans l’avenir, c’est déjà de m’en sortir en faisant ce que j’aime et puis de produire plus tard des gens. J’espère avoir la chance de pouvoir faire comme Akhenaton, pouvoir devenir éditeur de mes propres textes, ce qui est important, car tout te revient. En tout cas je suis quelqu’un de très ambitieux ; je veux être un père exemplaire pour mes enfants, dans le sens où si mes enfants me voient avancer, cela va peut-être leur donner le déclic d’avancer aussi. Je fais tout pour la famille.
Un petit mot pour nos lecteurs ?
J’ai passé franchement peut-être 3 quart d’heure, une heure en compagnie de Nadgy, ce fut un plaisir.
T’as le droit de dire que je déchire (rire)
Elle déchire grave (rire). On rigole !! Pour tous ceux qui veulent monter des projets. Il faut y croire, tout n’arrive pas du jour au lendemain donc il faut travailler et travailler encore. Croyez en ce que vous faites, déchirez tout les amis !!
Merci Saïd pour ce super moment !
En résumé : un artiste né dans le hip hop, tombé fou du rythm’n blues, super généreux rempli de bonne vibes et en plus qui adore ses enfants !! Qui a dit que le rap avait une mauvaise influence ??...
L’album est toujours disponible donc courrez vous le procurer et retrouvez toutes les infos et dates de concerts sur :








