La première chose qui a fait la réputation de Wild Style est sans hésiter son casting :
Grand Master Flash, Grand Wizard Theodore, Grand Master Caz, The Cold Crush Brothers, The Chief Rocker Busy Bee, Double Trouble, Fantastic Freaks, Rammellzee et le Rock Steady crew (qui vient de fêter ses 30 ans). Les graffeurs ne sont pas en reste : « Lee » Quinones (qui a le rôle principal du film : le graffeur « Zoro »), Sandra "Pink" Fabara (qui tient le second rôle), Dondi, Zephyr (qui a peint le logo du film) et Daze.

La seconde chose est que Wild Style réuni pour la première fois au cinéma toutes les disciplines du Hip Hop.
Entre trains cartonnés par les bombes multicolores et les clubs crados New-Yorkais où le hip hop était en pleine effervescence, Wild Style décrit une mutation souterraine incontrôlable de la fin des années 70 qui allait bientôt envahir le monde.
Ce film indépendant, tourné sans autorisation dans les bas-fonds de la Big Apple a d’abord été reconnu au Japon et en Europe (à Cannes notamment) avant de faire parler de lui aux USA. Des premiers mots du scénario à sa sortie en salle, Charlie Ahearn a mis deux ans à réaliser ce projet (1980 - 1982).
Entre documentaire et film, Wild Style doit beaucoup à la fraîcheur et à l’effervescence du mouvement hip hop qui lui a donnée tout son charme même si quelques longueurs et quelques signes d’amateurismes persistent .
L’histoire est simple :
Zoro, graffeur New-Yorkais de renom, vit une histoire d’amour avec Lady Pink, qui partage la même passion. Entre devenir une légende de la rue ou vivre de leur art grâce aux galeries de Manhattan, les artistes doivent surmonter les dilemmes de l’époque.

Pour vous faire une idée quelques extraits :
Les danseurs :
Les DJs :
Les Emcees :
Héhéhé !
Et grâce à la magie d’Internet, pour les grafs, voici une scène coupée au montage (vous comprendrez pourquoi) :
Avec le recul des années il est difficile de se rendre compte à quel point ces techniques étaient révolutionnaires pour l’époque.
D’ailleurs, le film est salué par de nombreux artistes qui en ont repris des extraits ou des samples pour leur albums : Nas dans Illmatic, Les Beastie Boys dans Check Your Head, Cypress Hill dans Black Sunday, ou encore MF Doom ou Mark Ecko dans son jeu vidéo de graf Marc Ecko’s Getting Up.
Au sujet de Wild Style, Busy Bee ne mâche pas ses mots :
"I mean love is love. Nous avions besoin de partager, de faire reconnaître la culture Hip Hop car c’était notre truc. Avec on s’amusait, on propageait l’amour. Aucune animosité ni préjudice à qui que ce soit dans notre culture. Pas de ça, non. C’est rouge, noir, vert, orange. Nous en faisons tous parti. On vient du Japon. As-tu des entendu des Japonais rapper ? Tu les as déjà entendu rapper en Swahili ? Je veux que tout le monde sache que Charlie Ahearn a apporter sa pierre au Hip Hop. On a fait notre truc, et grâce à cela on fait parti de l’histoire. Wild Style is all over the world."
Si on soustrait 2007 à 1982 on s’aperçoit que le film a déjà 25 ans, ça se fête !
D’ailleurs ils ne nous ont pas attendu : ce 29 juillet, si vous étiez à Central Park vous avez sans aucun doute apprécié les performances de The Chief Rocker, Busy Bee, The Cold Crush Brothers, GrandMaster Caz, DJ GrandWizzard Theodore et Fab 5 Freddy (co-producteur du film) entourés de graffeurs et de fêtards.
Heureusement, d’autres évènements s’ajoutent à cette block party lointaine :
En plus d’une édition collector DVD difficile à trouver en France, Charlie Ahearn sort un livre consacré à son petit chef d’œuvre : Wild Style : The Sampler.
Au sommaire making of, photos inédites, fresques, archives, description des castings, du tournage, des répercutions du film à travers le monde et biographie des intervenants du film.
Introuvable en France pour le moment, vous pouvez malgré tout le commander facilement sur le Net.
D’après le site wildstylethemovie.com, une collection Wild Style / Sedgwick & Cedar devrait sortir en septembre prochain.
On attend également pour la rentrée une nouvelle édition de la bande originale du film.










