
Résumé :
Un soir de juillet 1987 à Corbeil-Essonnes, dans la cité Montconseil, quatre adolescents passent un pacte d’honneur et décident de monter leur bande : elle s’appellera les « Fight boys ». Leur chef : Lamence Madzou.
Pendant environ cinq ans, cette bande va se développer, jusqu’à compter près de cent membres, et déboucher sur la constitution d’un « gang », selon les termes de leur leader. Ce gang, assimilé aux Zoulous par les médias, défraye alors la chronique médiatique jusqu’à la célèbre « Guerre des trois ans » qui, de 1988 à 1991, voit s’affronter les bandes du nord et celles du sud pour le contrôle du centre de Paris et de La Défense.
Ce livre - mise à part être une incroyable histoire de courage et d’obstination - est aussi une très bonne source d’informations pour ceux qui s’intéressent à la guerre des bandes qui s’est déroulée à la fin des années quatre-vingt et au début des années quatre-vingt dix. On entend parler des Requins Vicieux, des Black Dragons ou encore des Bourreurs.
Lamence Madzou nous fait entrer à travers son histoire dans la vie des jeunes de cités et de leurs codes et philosophie. On voit l’évolution des bandes qui sont d’abord adeptes des préceptes de la Zulu Nation et qui basculent ensuite dans la violence. Si la violence présente dans le livre peu parfois choquer, elle est le reflet de la vie de l’auteur.
On comprend également que les conditions de vie des quartiers populaire rendent impossibles l’idéologie "peace and love" et de ne vivre que de having fun. Le manque de moyen poussera les bandes à se former et à plonger dans le business.
Lamence Madzou, par d’étranges circonstances, se verra même être expulsé du territoire français vers le Congo, pays alors en proie à une guerre civile. Il tentera de rentrer en France avec plus ou moins de succès et non sans de nombreux obstacles.
Cette histoire est destinée à tous les curieux, danseurs ou non, banlieusard ou non, français ou non, celle d’un homme simple, comme nous tous, qui se retrouve un jour chef de gang.
Le livre se termine par l’analyse de la sociologue Marie-Helène Bacqué, Voyage dans le monde des bandes. Elle s’est interessée à la vie dans les quartiers populaires. Le récit de ses travaux est moins intéressant que l’histoire de Lamence Madzou mais peut s’avérer enrichissant. On sent qu’elle s’est vraiment intéressée au sujet mais son regard de sociologue ne parlera pas énormément aux jeunes des quartiers.







