Que dirais tu pour te présenter ?
Creestal, activiste hip-hop since 93.
Quand et comment as-tu débuté dans le hip hop ?
J’ai débuté dans le hip-hop via le graffiti au début des années 90. J’étais attiré par cette culture et j’ai tout de suite senti que cette forme d’art m’était appropriée. Je suis né avec un crayon dans la main car je m’identifiais à mon père qui avait l’habitude de peindre des toiles, tout en étant proche de son ampli hi-fi. Dans le hip-hop, j’ai d’abord commencé par le graffitti, quelques lettrages. Des tags... ensuite les platines et pour finir, le beatmakin. Cette culture est arrivée comme une claque et il y avait quelque chose de magique, un truc unique, on avait l’impression de former une communauté. Première loop (boucle) avec des k7 audio, puis avec un vinyle, puis deux. Ma première machine ROLAND DJ 70. Premier groupe avec les potes, puis un 2ème. KARKAN. C’est suite à un atelier sampling animé par Imhotep que j’ai vraiment pris conscience des larges possibilités qu’offraient cette méthode pour créer de la musique de manière peu conventionnelle. Je décide alors de passer de la création graphique à la création audio tout en étudiant les arts appliqués durant ma scolarité, entre 96/98.
Que devient ton groupe Karkan ?
On a commencé à maquetter quelques tracks pour le prochain album. A côté, il y a eu quelques dates avec FONDAMENTAL KARTET, un groupe qui reprend les titres de notre premier album 360 optik en acoustique. Enfin, il y a aussi la préparation du solo de YSAE en cours .
Peux tu nous parler de l’histoire de ton groupe ?
On est juste trois passionnés de son qui ne lâchent pas l’affaire : GIL, YSAE, et BAMB au back vocal. On est des amis avant tout.
Ok, ouais, mais depuis quand vous êtes ensemble ? Quel est ton rôle dans le groupe ? Comment vous bossez ensemble ?
On s’est formé en 96, on est trois membres, je ne suis pas simplement le DJ je suis un membre à part entière. On prend toutes les décisions à trois, on avance dans une logique artistique et collective. Karkan c’est 2 MCs et 1 DJ, on travaille en parfaite autonomie en tant que groupe. Un 4ème membre se joint à nous pour les scènes. On définie des thèmes à aborder, je ne m’implique pas dans l’écriture. Chaque MC a sa propre plume. J’apporte mes connaissances en tant que beatmaker, eux m’apportent leur univers, j’essaie de laisser la place aux MC dans chacune de mes prods, je dois servir les MC avant tout. C’est important pour nous de préserver une forme de complémentarité. Ce serait impensable que je ne sois pas avec eux sur scène par exemple.
Pourquoi t’es tu détaché du groupe et comment te retrouves tu à vouloir mettre ce projet en route ?
Suite à notre album, donc neuf ans après la formation du groupe, il était nécessaire de s’ouvrir un peu vers l’extérieur sans pour autant que le groupe soit pénalisé. Au contraire, il fallait amener de nouveaux ingrédients. L’album solo je n’y pensais pas vraiment, ce n’était pas prémédité, il s’est imposé naturellement. Justlike avait un projet nommé BEAT’N DISCOVERY. La proposition était simple : produire une série instrumentale avec des producteurs français de qualité. Je ne me suis pas vraiment détaché du groupe mais c’est juste qu’il fût nécessaire sur un plan personnel et artistique d’exister en tant que Dj Creestal. C’est valable pour chaque membre, pour revenir plus fort.
Voici deux titres en écoute du maxi Beat’Em All (avec l’aimable autorisation de Creestal) :
Do what you do :
Who’s tha man feat. L JAZZE :
Ton projet se nomme « Beat’Em All ». Quelle est la signification essentielle pour Toi ?
BEAT’EM ALL ça veut dire « bas les tous ». Je ne pense pas battre tout le monde, loin de là, mais je m’en donne les moyens. C’est une approche hip-hop, il faut être compétitif. C’est aussi et surtout un clin d’oeil au BEAT’EM ALL ou BEAT’EM UP, l’appellation d’une catégorie de jeux vidéo « les jeux de baston » où on était seul contre tous. Je suis un peu seul contre tous dans ma démarche, mais c’est positif. Beat’em all c’est l’espoir de gagner.
C’est cool comme approche, ça reste dans la mentalité " show & prove" typiquement hip-hop :
Oui c’est ça qui m’intéressait, on oublie parfois le fondamental.
Peux-tu nous parler de ton maxi, fraîchement arrivé dans les bacs.
Ce maxi annonce un album, peux-tu nous en dire plus :
Date de sortie, concepts, beat & discovery, etc.
Un 2ème maxi de 4 titres extraits de l’album est prévu prochainement. L’album sortira le 19 novembre chez tous les bons disquaires et en vente en ligne sur justlikehiphop.com. Ce sera un album instrumental de 27 tracks qui ne s’apparente pas à une beat tape. Beat’n discovery est une série permettant à des artistes français restés dans l’ombre de s’exprimer librement dans la lignée des séries BBE. Après, il est difficile de définir mon propre travail, mais il ne s’adresse pas qu’à un public averti. Le premier de la série est PHOHAT, il sortira peu de temps avant le mien.
Est-ce un choix de ta part, de sortir ce projet, en indépendant et comment s’est faite la rencontre avec Justlike ?
Non ce n’est pas un choix, Justlike m’a contacté via MySpace, ils appréciaient mon travail et m’ont fait confiance. C’est une très bonne initiative de leur part, ils voulaient une trentaine de beats assez cours à la manière de TRIBUTE mais surtout DONUTS de J Dilla ou MOVIE SCENE de Madlib. On s’attardera sur l’aspect qualitatif.
Comment décrirais-tu ton son ?
Difficile de répondre. Je dirais hip-hop. Si vous aimez le son crade aux influences 90’s, vous vous y retrouverez, mais c’est pour les autres aussi. C’est un son basé sur le sampling et mes sources sont assez larges. Je préfère parler de texture, un peu comme un travail de collage pop’art avec des retouches expressionnistes.
Quel matériel utilises-tu ?
J’utilise avant tout, ma vibe ! Après ce n’est pas important, pour les aficionados : de la mpc, et un enregistreur numérique + cubase et quelques plugs.
Quels sont les dj’s, MC’S & producteurs que tu admires, ceux qui t’ont particulièrement influencé ?
Pour ne citer qu’eux je dirais ARRESTED DEVELOPMENT, PUBLIC ENEMY, GANGSTARR, SOULS OF MISCHIEF, HOUSE OF PAIN, WU-TANG, TRIBE CALLED QUEST… puis la 2ème vague avec Madlib, J Dilla, 9th Wonder. Je ne suis pas un fan en particulier de l’un ou de l’autre. Ils s’inscrivent tous dans une logique. Bien sûr Pete Rock m’a influencé comme Primo ou The Beatnuts ou Beatminerz. Les influences sont très fortes : le rock, l’électro mais aussi la télévision, notre environnement est décisif aussi.

As-tu déjà produit pour d’autres artistes et avec qui rêverais-tu de travailler ?
Oui j’ai produit pour d’autres artistes sur des projets qui n’ont pas abouti, je rêverais de travailler avec Richard Gotainer (rires) !!!
Le fait d’être à Marseille, a-t-il des répercutions sur ta musique ? Comment se porte le mouvement marseillais ?
Oui ça a des répercutions directes. La ville m’inspire beaucoup, elle a son propre rythme, ses codes et ses couleurs, la musique reflète l’environnement social et culturel. Je sors un peu du cliché du son marseillais mais à tort car le son hip-hop marseillais c’est aussi ça. Mars a son propre parcours dans le hip-hop en France. Ma musique transpire Marseille et mon enfance, elle est très influente sur mon humeur. Dans l’album il y aura ce que j’appelle des "meteobeats" où l’ambiance climatique a un rôle prépondérant.
Quels sont tes projets à court, moyen & long termes ?
Je travaille sur l’album solo de YSAE, des prods pour divers artistes nationaux, apparition sur l’album de la BOULANGERIE à venir, deuxième album avec Karkan, des prods, des prods et des prods …
Merci à Creestal pour cet échange d’idées et je lui dis MERDE pour la suite.
Ps : On va pas finir en ligue 2, dis ?














