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Beats, Rhymes & Life : Rétrospective & Perspective avec K.O.H.N.D.O

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lundi 4 février 2008, par Punisher
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Toujours actif, deux ans après la sortie de son 2ème album "2 Pieds Sur Terre", Kohndo continue de multipier les scènes et représenter sa vision du hip-hop au plus grand nombre. Il était temps de laisser à ce M.C, une tribune pour exposer son point de vue sur son parcours, sa musique et répondre à certains propos tenus à son égard...

Que peux-tu dire pour te présenter ?

Alors moi, c’est Kohndo. K.O.H.N.D.O. J’épelle mon prénom parce qu’il y a encore des gens qui ont du mal à l’écrire. Et c’est mon prénom. Je suis un rappeur, m.c, béninois d’origine. J’ai grandi au Bénin, jusqu’à l’âge de 3 ans. Après je suis venu en France. J’ai beaucoup déménagé, j’ai vécu à Bobigny, à Boulogne, à Créteil, dans Paname, j’ai voyagé.

Quand et comment as-tu découvert le hip-hop ?

J’ai découvert le hip-hop par le biais de l’émission de Sidney « H.I.P -H.O.P » à la télévision... ça devait être en 83-84, je ne sais plus. Après à Bobigny, j’ai découvert le hip-hop comme plein de jeunes en dansant. C’est à Boulogne que j’ai acheté mon 1er album, c’était Dj Jazzy Jeff & The Fresh Prince « Here is The Dj, I am The Rapper ». Et comme j’étais fou de scratch et fou de beat box, ça m’a vraiment donné envie d’approfondir un peu, d’écouter davantage cette musique.

T’as fait du beat box ?

Oui, j’ai commencé par le beat box en fait. J’étais au 5ème étage de mon immeuble et au 4ème, il y avait la famille de Zoxea et Melopheelo. Ils m’ont fait découvrir des émissions comme Radio Nova et à partir de là, j’ai commencé à rapper avec eux.

Quel rôle ont eu les frères Kodjo ?

Zoxea m’a offert mes premières armes, en me donnant mes premières instrus, premières rimes. Il m’a surtout donné l’envie et le goût de la performance, de la scène. On faisait des petits cercles, des « cyphers ». Moi je rappais avec son cousin, Egosyst.

Et c’est Zoxea qui te l’a présenté ?

Egosyst habitait à Boulogne, il m’a présenté son cousin et en plus on allait dans le même collège.

Quelles sont tes influences, tous styles confondus ?

La soul music, le jazz rock, le jazz, le rock progressif, le rap et toute la maison hip-hop. Curtis Mayfield pour les textes, la mélodie, l’harmonie et pour tous les arrangements. En jazz rock, Bob James, comme plein de MCs et producteurs. En rap, Jay Z, Biggie, Nas, Guru, A Tribe Called Quest, Jeru, Pete Rock & CL Smooth, Run DMC, Common, après il y en a encore d’autres mais bon, je ne vais pas tous les citer.

Peux-tu nous raconter ton histoire au sein du groupe La Cliqua ?

J’ai commencé à rapper à l’âge de 13 ans par le biais de Zoxea, j’ai rencontré son cousin Egosyst. On a monté un groupe qui s’appelait le Coup d’Etat Phonique que les gens ont connu avec Raphaël & Lumumba. On a fait pas mal de scènes entre 15 & 18 ans. C’est en faisant une radio qu’on a rencontré Daddy Lord C, puis Egosyst a fait la connaissance de Rocca et puis moi, tout le reste de l’équipe, quelques jours après. On a fait plusieurs radios, les gens nous ont identifié comme étant « LA CLIQUA ». Alors que nous à la base, on était vraiment des identités bien distinctes un peu comme le SAÏAN, tu vois. On a fait une grosse émission de radio sur Nova qui nous a fait faire la 1ère partie d’Arrested Developpement, d’House Of Pain et cela nous a emmené directement en signature. On a monté le label Arsenal Records, on a signé chez Night & Day et ensuite chez Barclay.

C’était vers quelle période à peu près ?

En 1995, plus de 13 ans

Qu’est-ce qui pouvait réunir tant de personnalités si différentes au final ?

C’était l’amour du rap, l’envie de prouver, de la performance. C’était ça qui était à l’origine de notre rencontre à tous.

Quand on écoutait vos morceaux à l’époque, vos différences faisaient votre force. On ressentait une certaine unité…

C’était le respect mutuel et le respect du travail de l’autre. En gros, il n’y a pas un autre MC de LA CLIQUA qui n’avait pas peur de l’autre. (Rires)

C’était terrible ça !

(Rires) C’était comme ça, une émulation, c’est-à-dire que si je prenais le micro, je pouvais mettre la pression par exemple à Rocca, lui pouvait la mettre à Egosyst qui lui pouvait la mettre à Daddy qui va me remettre la pression, tu vois ce que je veux dire ? (Rires)

Après Raphaël venait…

Ouais c’était surtout ça. Le respect et l’amour du rap qu’on partageait, qui faisait notre unité.

Comment vous faisiez à l’époque pour bosser tous ensemble ? Surtout pour des morceaux comme « Rap Contact », « Tué dans la rue »…

Alors ces morceaux là sont particuliers, mais on avait un fonctionnement tout simple. Comme on était chacun une identité, on avait chacun un album en préparation. Et comme on était en période d’écriture d’un texte ou d’un couplet, on pouvait arriver avec un couplet et puis quelqu’un pouvait enchaîner derrière l’autre (…) voilà quoi, on se créait notre sauce comme ça. Les morceaux comme « Rap Contact », c’était plus un producteur qui venait avec une instru …

C’était Jelahee là, justement …

Ouais c’était Jelahee et chose étonnante parce qu’il ne voulait pas le sortir cette instru était sa première. Et il n’était pas sur de lui.

C’était sa 1ère prod ?

Sa 1ère prod ! Il ne savait pas si ce qu’il faisait était bien. Donc il y avait Lumumba qui produisait depuis longtemps, Egosyst, moi, Rocca, on lui disait « Mais gars ton instru là, elle est folle ! On va rapper dessus, juste pour te montrer qu’elle est bien. » Il avait vraiment peur de lâcher une prod.

Comment était l’ambiance quand vous aviez enregistré ces morceaux là ?

C’était aux Studios Artistic Palace, un soir où Jelahee avait posé l’instru. Raphaël et Rocca avaient déjà posé leurs couplets. Ensuite c’était le passage de Daddy. Moi après, je me disais « OK, ça marche ! » (Rires) Non mais c’était vraiment comme ça. C’était toujours le 1er qui avait le plus de pression, car il se demandait toujours ce que les autres allaient faire.

Personne n’écoutait le couplet de l’autre ?

Si, mais on ne savait pas toujours ce que l’autre allait balancer. Et il y en avait des surprises, tu vois ? (Rires) Parfois, les couplets étaient fait sur place.

Le regret que j’ai eu moi, c’était qu’il n’existe pas assez de morceaux de chaque identité (La Cliqua, Coup d’Etat, Squadra). Avez-vous eu le temps de maquetter beaucoup de titres ou pas assez ?

Pas assez, je crois que ça allait trop vite pour nous et puis c’est ce qu’on appelle un acte manqué. C’était une histoire avortée, La Cliqua avait tout pour faire un truc énorme. Mais après la vie, l’ego, la jeunesse des acteurs de La Cliqua

Mais vous aviez quel âge à cette époque, là ?

En 1995, j’avais 20 ans seulement.

C’était Raphaël, le plus jeune …

Ouais il avait 16 ans, Rocca 20-21 ans, Daddy Lord C 26-27 ans

Donc fallait gérer tout ça, avec aussi l’attente des gens aussi…

Exactement, je pense que c’est normal parce que ça allait trop vite. Et puis il faut être bien conseillé par des gens qui te veulent du bien.

Quel était votre état d’esprit avant de sortir "Conçu Pour Durer", " (Re) présente Le Vrai Hip Hop" ?

L’état d’esprit c’est : On est là pour montrer à tout le monde, qu’il n’y a pas meilleur MC que nous.

Ah c’était ça …

Ouais c’était ça. Ce que j’aimais bien à l’époque, c’était l’esprit « La Guerre Du Rap ».

L’esprit de compétition ?

C’était sain, tu vois. Avant il y avait le clivage « Old School / New School ». Donc c’était histoire de dire : si vous tout ce que vous avez fait c’était du rap, alors nous on va vous prouver que ça n’en n’était pas. (Rires)

Ah carrément ?

(Rires) C’était dur. (Rires) Ce n’était pas qu’on était si « hardcore » que ça mais quand même il y avait un truc, histoire de dire : « Attendez si demain, il y a un cainri qui vient en France, il faut qu’il comprenne que l’endroit où il est ne blague pas dans le rap ». C’était vraiment ça. Et je crois même que la compet’ n’était pas avec les français mais on se mettait tout de suite dans une compétition internationale. Mon état d’esprit était comme ça. Je me disais « demain, si The Lords Of The Underground viennent et y veulent nous tester, ils allaient avoir des surprises. ». On était tous comme ça, Rocca lui s’était Mic Geronimo, il aurait aimé faire un morceau avec lui. On avait tous quelqu’un dans notre ligne de mire. (…)

Penses-tu un jour que tous les membres pourront se réunir pour un projet commun ?

Pas pour un album, je ne pense pas. Pas pour des sessions studio, mais peut-être plus pour se retrouver sur scène. En fait aujourd’hui, remonter La Cliqua et faire de nouveaux trucs, ça n’a pas de sens. Rien que dans le feeling rap, ce n’est pas possible. En 93-94, on était tous nourri à la même chose. Aujourd’hui il y à tellement de styles de rap. Rocca évolue dans un trip un peu plus latino. Arafat, dans un style très sombre, très rue, très froid. Daddy Lord C, pareil. Raphaël, je ne sais pas trop et moi, avec mon trip complètement lumineux, musicale à la The Roots, introspectif aussi. On est dans des univers trop différents, maintenant. Ça me parait un peu incohérent. Par contre, se retrouver et faire des titres qu’on a fait avant, retrouver la vibe de cette époque là, ouais ça pourrait se faire. Mais il faudrait avant, une vraie discussion, une vraie mise à plat.

Vous nous vous êtes pas reparlé depuis ?

Non pas vraiment, j’ai eu la chance de pouvoir revoir Lumumba, Chimiste et JR Ewing. Egosyst, je l’ai eu au téléphone. Jelahee, je l’ai croisé peut-être une fois. Daddy Lord C, on s’est vu aussi. Il y a que Rocca que je n’ai pas revu.

Raphaël, non ?

Lui je l’ai croisé vite fait, 2 minutes.

Quelles étaient tes premières impressions en lisant l’interview d’Egosyst sur le Gasface n ° 4 ?

Surpris en fait. Finalement dans cette interview, c’est moi qui prend un peu tout les griefs. De là, moi je l’ai rappelé en lui disant : « Tiens c’est quand même étonnant, je suis peut-être celui qui a toujours été le plus droit de nous tous. Surtout à ton sujet. Parce que j’ai toujours pris la peine de te parler avant de prendre mes décisions. Donc tu as toujours été au courant de ce que je pensais ».
Par exemple, quand il avait décidé de partir, je lui ai dit : « Non je ne partirais pas et je ne pense pas que ce soit une bonne chose que tu partes. Parce que tu le fais, sur un coup de tête, dans un premier temps. Et de 2, parce que tu ne me demandes même pas mon avis. ».
A un moment, moi aussi, il fallait que je m’affirme. Je lui explique donc : « Ce n’est pas parce que je fais partie de ton groupe que tu peux décider pour moi. » C’est toujours la même chose, tu vois. Les gens qui ont l’habitude de penser pour toi, le jour où tu commences à dire non, je pense par moi-même, ils prennent ça comme une trahison. J’aimerais que les gens, se mettent un peu à ma place. Parce que je suis dans une situation « perdant perdant ».
Si je pars avec Guégué (ndr : aka Egosyst), je suis un traître pour les autres et si je reste avec La Cliqua, je suis un traître vis-à-vis de Guégué. Donc, on me met dans une situation que je n’ai pas choisi. Et à partir de ce moment là, j’ai fait mes propres choix. Ça correspondait à une époque de ma vie, en plus où il fallait que je passe de Doc Odnok à Kohndo. J’en avais vraiment besoin de m’affirmer, de sortir du groupe et de dire ces choses là. Après la vie m’a expliquée que de toute façon, ce n’était pas le meilleur de choix. Mais si j’étais parti avec Guégué, peut-être un an après, lui et moi, on se serait séparé c’était inévitable. Parce que il créait l’identité I.M.S et que ça ne me correspondait pas du tout. Pour moi, ça manquait d’identité.(…) Je n’aime pas me faire tester sur les sujets comme la Palestine et tout ça. Ce sont des choses que je ne maîtrise pas et que je connais mal. (…) Ce truc là ne me correspond pas. Pareil, Egosyst est parti pour monter I.M.S + Le Cercle Vicieux. Je ne sais pas pourquoi, mais Le Cercle Vicieux n’est jamais sorti par le biais de Guégué. Donc voila, ça veut dire que le Split allait vraiment être obligatoire. Il fallait impérativement que je prenne ma route. L’histoire était écrite comme ça et pas autrement.

A l’époque où La Cliqua avait déjà sorti « Conçu pour durer » et « Le Vrai Hip-hop », on pensait vraiment que chaque membre allait sortir son lp solo. Manque de temps, il n’y a vraiment eu que Rocca qui a réussi à le faire, quand La Cliqua était plus moins au complet ...Cela ne t’as pas frustré ?

Non, Rocca sur « Conçu Pour Durer » était celui qui avait le morceau qui avait le plus marqué les gens. C’était lui qui avait mieux tiré son épingle du jeu. Et puis, soyons clair, il y a eu des choix aussi qui ont été fait parce que Rocca était blanc. C’était le seul blanc du groupe et, commercialement, il a été pris en considération parce que c’est sorti chez Barclay. Ça a joué. Voilà, il a pu sortir en premier mais après ce n’était pas frustrant car on se disait que c’était chacun notre tour.

Quand tu disais que tu avais besoin de passer de Doc Odnok à Kohndo, ça me fait penser à cette phrase que tu disais dans Rap Contact 2 sur l’album de Rocca : « Je revendique une nouvelle optique de rap pratique ». A partir de là, tu commençais déjà à te démarquer des autres. Il y avait déjà un petit coté « Jungle Boogie », « Prélude à l’Odyssée », c’est ça qui se passait à ce moment là ?

Exactement, je n’avais pas ce recul là, à l’époque. Mais ouais, c’était ça.

Comme dans « Mot Pour Mot », tu n’avais pas du tout le même discours que Rocca par exemple…

Ouais mais « Mot Pour Mot », c’était un de mes morceaux à la base.

Ah d’accord (rires)

On ne savait pas trop comment se retrouver Rocca et moi sur l’album. Une instru est arrivée et j’ai testé «  Mot Pour Mot » dessus. Parce qu’à l’époque je n’avais pas de prod pour ce texte. Et puis Rocca avait aussi kiffé l’instru. Donc je lui ai dit : "écoute j’ai fait ce texte là, viens on le fait ensemble". C’est pour ça que pour « Mot pour Mot » sonnait un peu plus personnel, en fait.

Ça ne t’a pas fait bizarre que ce morceau finisse sur son album ?

Non, c’était une vision de groupe. Tu vois par exemple, « Le HIP-HOP, Mon Royaume », le refrain il était de moi à la base. J’ai écrit ce refrain et c’est même moi qui le faisait au départ. Rocca avait écrit 3 couplets, mais il n’avait pas de refrain. Je lui ai fait « Attends, je pense que pour ton morceau si je fais « Le hip-hop, mon royaume, mon home sweet home, … » je suis sûr que ça va le faire, pour ton morceau. » Il était Ok. Le problème c’est qu’à l’époque, j’avais une voix super aigue et elle ne rentrait pas dans son délire. Donc il m’a demandé, si ça ne me dérangeait qu’il le fasse à ma place. J’avais encore du mal à bien me trouver vocalement, donc ça ne m’avait pas posé de problème.

Comment se sont passé tes derniers moments au sein de La Cliqua ?

Ils étaient lourds, mais je voudrais revenir sur un truc que disait Guégué. Je crois que les gens ont mal compris. Ce n’est pas que La Cliqua était dans un délire de « caillera » qui me génait. Non, moi ce qui me posait un problème, c’était qu’il y avait des mecs de La Cliqua qui se prenaient pour des cailleras. Et moi, je lui disais « Comment ça se fait que par rapport à l’endroit où tu habites, ce que tu vis et finalement le gars bien éduqué que je connais, etc.… Pourquoi tu joues les durs ? Alors qu’au fond, t’en es pas. Et que moi en fait, par exemple, par respect pour l’histoire de mes parents, de mon éducation, je ne pouvais pas me permettre de faire ça. Et pour le coup, moi je venais vraiment des quartiers. Je sais ce que c’est que la vie de quartiers même si j’ai toujours évité de me retrouver dans les embrouilles. Mais je sais ce que c’est. Je trouvais qu’il avait quand même l’air loin de ces choses là. Tu vois, on parlait de représenter. Mais moi, je n’ai pas envie de représenter ça. Donc ça me cassait les couilles d’être dans La Cliqua à voir à représenter un truc, alors que les gens ne nous aimaient pas pour ça. Les gens nous aimaient, parce que dedans, effectivement il y avait des gars qui avaient des vies de cailles, des gars comme moi qui étaient étudiants, des gars qui étaient de plein de nationalités différentes. C’est pour ça que les gens nous aimaient, c’était comme si on représentait toute la jeunesse.

Vous étiez comme Benetton.

Voila c’était Benetton et c’était pour ça qu’on nous kiffait. Donc quand on a commencé à entrer dans un délire « durcir, durcir, durcir », je me disais « mais pourquoi faire ? ». C’est ça qui ma saoulait. Plus le fait aussi, que les mecs se prenaient pour Wu Tang. Je disais « non, nous on n’est pas Wu Tang. Même si c’est bon, même si les gens kiffent ce qu’on fait, on a encore beaucoup de boulot, avant d’être Wu Tang ». Pour moi le chemin était loin d’être fait.
Après le dernier truc qui me saoulait, c’était le fait qu’à l’époque Rocca et Daddy se mêlaient trop de ma vie privée. Ils me disaient avec qui je devais traîner ou pas. Ca commençait à me casser les couilles. Je devais dire aux mecs de mon groupe « Ecouter je fais ce que je veux et je ne suis plus un gamin ». (…) Des fois ils me disaient, « Mais Kohndo, t’es trop peace, t’es trop cool ». On rentrait en conflit pour détails comme ça.(…). On voulait même me faire croire à un moment, dans La Cliqua, que les gens ne respectaient pas mon point de vue. Quand je me baladais aux Halles, je voyais des bougres qui venaient me voir en me disant « Hé, toi c’est bien que tu dises ça. » Et quand j’en parlais avec eux, je leur disais « C’est marrant parce que tu dis, qu’on me taille, parce que dehors quand je marche seul, les gens me montrent beaucoup de respect. Un respect que toi, tu ne me montres même pas.

J’avais été assez surpris de te retrouver dans le DVD RAPATTACK de Chimiste, vu que tu étais parti du groupe

Tu vois Egosyst est parti de La Cliqua parce que lui ne s’entendait pas avec la production, mais lui, il s’entendait bien avec les autres Mcs.

La production ?

Chimiste & JR Ewing, les deux exécutifs. Moi, je suis parti parce que je ne m’entendais plus avec mon groupe. Je m’entendais bien avec la production, parce que j’avais peu de rapports avec eux. Tout était cool. En gros, je me prenais la gueule quasiment tout le temps avec Rocca. (…) A la base, je ne voulais pas partir comme ça. Je voulais partir après la tournée de Rocca pour 2 choses. Déjà, parce que je n’aime pas faire les choses de manière précipitée et aussi parce que je voulais voir comment ça allait se passer humainement entre nous. Je voulais voir si c’était vraiment mort de chez mort ou pas. Je parlais de ça avec Egosyt en salle de repos, pendant l’enregistrement de l’album d’IMS. Raphaël a entendu ça et c’est lui qui a balancé ça aux autres, le lendemain. Personne ne m’avait laissé l’occasion de m’expliquer, en me reprochant d’être un traître.

C’est pour ça qu’il y avait eu le morceau « Pas de place pour les traîtres » ?

Voila, mais le truc c’est que t’apprends finalement qu’on te traître de traître, mais genre 3- 4 ans après, on te dit que ça faisait plus d’un ou deux ans qu’on voulait te pousser dehors. Car La Cliqua, ce n’est pas 4 MCS, mais juste Rocca & Daddy Lord C. C’était une volonté de réduire ça. Ça je l’ai toujours senti (…)
Pour en revenir à Chimiste. Il avait vu qu’entre temps, je ramenais ma définition du hip-hop, j’avais trouvé ça fort qu’il le reconnaisse.

Peux tu nous parler de tes premiers pas en tant que MC solo chez Delabel, etc. ?

J’ai été chez Delabel en édition et mes 1ers pas en solo dans toutes ces grandes structures étaient durs. Aucune de ces maisons de disques ne voulaient me faire confiance parce que pour elle, La Cliqua c’était Rocca & Daddy Lord C. Pour elles, je n’étais plus personne comme je n’avais plus de Crew derrière moi.

Pourquoi une trilogie de maxis ?

J’étais un peu naïf, dans le sens où j’étais dans la grande époque du hip-hop. Je voyais les maxis comme des terrains d’expérimentations. Donc pour moi, 1 MC devait sortir 3 maxis dans lequel d’abord, il se présentait, ensuite il devait ramener sa définition du hip-hop et confirmer le tout ou essayer d’innover avant d’arriver sur un album. C’était comme ça que je voyais le parcours d’un MC.

Comment s’est réalisé ton 1er album " Tout est écrit" et en combien de temps ?

J’ai commencé à l’écrire, à partir de 2001 et ça a duré à peu près un an et demi. Le temps qu’il fallait pour trouver les prods qui me correspondaient, etc. J’ai donné leurs premières armes à des producteurs comme Stix (des Melomaniacs), Jee 2 Tuluz (qui avait déjà bossé avec moi pour le maxi Jungle Boogie) et Yvon. J’ai du mettre 1 mois à peine, pour le poser. Le contexte était que je taffais à l’époque. Donc je n’avais que les week-ends et les soirées de libre.

Quand on connaît un peu ton parcours, on ne peut s’empêcher de penser que ton 1er album manque du scratch ...C’était un choix de ta part ?

J’avais perdu mon DJ à l’époque. Authentik s’était arrêter de scratcher avec La Umma, c’était à la fin du groupe. Donc la période était assez dure. Je ne pouvais pas travailler les scratches comme je voulais. C’est pour ça que je me suis retrouvé à faire les cuts moi-même pour le morceau « La Chute ». (Rires)

Pourquoi n’y avait-il qu’un seul featuring à l’époque ?

Je voulais faire un album, vraiment solo. La plupart de mes morceaux avaient déjà était écrit mais Specko était quelqu’un que je voulais vraiment présenter au monde car c’est un mec que j’aime vraiment beaucoup. Donc voila, ça c’est fait comme ça.

Qu’en est-il de la HeartClick et quels étaient ses membres ?

A la base, ça n’a jamais été un crew officiel .

Qu’est ce que c’était alors ?

Pour moi c’était, si tu réponds à l’école "Kohndo", au delà même de l’école "Kohndo". C’est juste une vision originale du hip-hop que t’as envie de défendre, un état d’esprit vrai, authentique et sincère. Vas-y, viens faisons des trucs ensemble ! Parce que l’idée, c’était de se rassembler. Il y avait les Melomaniacs ( Stix, Ol Jay & Boogie Rock), Jee 2 Tuluz, Specko, Casso , Kafri & Enz , Yvon , Gas. Après je voyais des mecs, même lointains comme Kamnouze, Narcisse, tous les gens que je rencontrais et que je kiffais. Ma clique de coeur, tout simplement. Après ça s’est matérialisé à travers 2- 3 freestyles.
Il y en a eu un au Reservoir. Et un autre en radio avec Specko, Casso, Gas, Enz & moi. En tout cas, j’aurais bien aimé que ça se concrétise. Mais je pense que ça va se faire. Je ne sais pas... j’aimerais bien. J’aimerais bien ramener un jour une équipe ! (rires) Sur scène ou en radio, mais juste une équipe pour faire une démonstration de l’art du Rap, de la maitrise du flow et de la rime. L’art de la métaphore.

La pochette était assez sombre par rapport l’ambiance de l’album ... Pourquoi ?

C’était Paris, la nuit. Un état d’esprit assez introspectif. L’album a été principalement enregistré en hiver et le soir. Pour moi, c’était assez représentatif du disque.

Tu peux nous parler du projet "Blind Test" ?

C’est un projet qui a été avorté. C’était un best of de mes morceaux qui pouvaient être sur « Tout Est Ecrit », mais ils n’avaient pas passé l’épreuve du temps. En fait, ils ne rentraient pas dans l’univers que je voulais ramener avec mon 1er album. Après « Blind Test » a été retiré des ventes, pour des raisons de procès. La marque BLIND TEST avait été déposée avant mon projet. Il a fallu que je retire ce disque des bacs.

Peux-tu nous parler de Green Stone Records ?

C’est un label qui a été fondé par mes soins avec 2 associés, mais maintenant, je suis tout seul à diriger ce label. Il a eu 2 productions, dessus. Mon 2nd album «  2 Pieds Sur Terre » et l’album de Dj Brasco « Fill The Gap ». C’était un projet que j’avais, de mettre les 2 mains dans la production exécutive. C’est un métier à part entière qui est loin d’être de tout repos. (Rires)

Comment s’est réalisé « 2 Pieds Sur Terre » et en combien de temps ?

C’est un projet qui a pris 1 an et demi à 2 ans. Pour l’écriture, à peu près 8-9 mois. J’ai laissé reposer le disque pendant à peu près 3-4 mois. Entre temps, j’ai eu l’opportunité d’aller aux Etats-Unis afin de rencontrer des ingénieurs du son, notamment Joey Powers qui m’a fait croisé les chemins de Slum Village et de Dwele. C’était un moment mortel (…)

Insight, aussi ?

Non, lui je l’ai rencontré, ici quand il était venu pour un concert.

Pourquoi « 2 Pieds Sur Terre » ?

C’était un album encré dans la réalité, par rapport aux thématiques que j’aborde : La vie, la mort, l’amour, la prison, l’espoir, parler de la vie de quartier, mais avec la recherche d’un idéal.

Qui avait fait la pochette beaucoup plus éclairée que celle de " Tout est Ecrit" ?

Quand tu veux parler de pochette, tu veux parler de photos, c’est ça ?

Oui de photos

Donc pour la photo, c’est Stéphanie Solinas, qui est une photographe exceptionnelle. Il n’ y a quasiment pas de retouches, en terme de photos, pour ce disque. Et pour le graphisme, c’est toujours le même : Benjamin Gaisne de StraightStreet (www.straightstreet.fr).

Tu avais déjà plus d’invités et de concepteurs ...des scratches aussi …

Là (rires), je me suis fait plaisir pour les scratches sur cet album. Ils ont tous été réalisés par Dj Kozi. D’ailleurs quand j’ai voulu commencer ce projet, je bossais déjà avec Kozi depuis 3-4 ans.

Quelles étaient tes attentes pour tes albums et as-tu eu des bons retours ?

Pour mes 2 albums, j’ai toujours des très bons retours au niveau critiques, de bons retours musicaux. Il n’y a pas photo, là-dessus.

Mais il y a un « mais » ?

Il y à toujours un « mais ». Le « mais », c’est encore une fois de ne pas avoir la bonne structure. Avant d’être sur Green Stone, et encore même Green Stone, aujourd’hui c’est trop petit pour me permettre d’exploser. Donc avant j’étais chez Ascetic Music et pour l’album, c’était Ascetic & Green Stone. Moi, je ne m’occupais que de la réalisation de l’album. C’est vraiment, mes deux mains qui ont fait ça. Ascetic devait prendre le relais et ça ne s’est pas passé comme je voulais. Parce que la production est quelque chose de difficile. Quand il y a 1 ou 2 personnes, ça n’est pas suffisant pour amener un disque à un succès. Sauf si c’est deux malades mentaux, qui ne dorment pas de la nuit. Et là ce n’était pas mon cas…

Récemment on pouvait voir dans certains crédits de maxis ou de lp que tu mixais ... depuis quand fais tu ça ?

J’ai commencé à l’âge de 14 ans, avec un 4 pistes. J’ai poursuivi à 16 ans avec un 8 pistes k7, à 17 ans avec un 16 pistes numérique et à 20 ans, avec deux 16 pistes numériques qui travaillent en synchro. Entre temps, j’allais pour bosser en studio avec des potes qui sont des ingénieurs du son. J’ai vraiment commencé, en autodidacte. Vers l’age de 22-23 ans, j’ai commencé à m’acheter des bouquins sur l’art du mixage, à parler avec de plus en plus, d’ingénieurs du son. (…) J’ai poursuivi à l’age de 26 ans, avec une petite formation à l’IRCAM. Et à Detroit, j’en ai profité pour prendre quelques cours, pour affiner mon mix. (…)

Dernièrement, j’ai eu la chance de discuter avec Dj Brasco pour la sortie de son 1er album "Fill The Gap", que peux-tu nous dire sur la réalisation de ce projet ?

C’est vraiment un projet magnifique, parce que déjà c’est un bonhomme qui a du talent. J’ai rencontré Brasco, il y a peu près 4 ans. Il était déjà sur « 2 pieds sur terre », pour le morceau « Bad Trip », un morceau assez dingue. Là j’avais repéré son talent et puis il m’avait invité sur une compilation qui n’est pas sortie. On est resté en contact, il m’envoyer des CD, des MD avec ses productions pour me demander mon avis. Au fur et à mesure, il progressait. Il m’avait évoqué l’idée de faire une compilation, au départ il y avait des artistes français et américains. J’avais vraiment accroché sur les morceaux américains et de là, je lui avais expliqué, que je trouvais ça plus cohérent de faire un album « U.S ». Il avait trouvé 5-6 featurings. Je lui disais : "Attends, il y a vraiment des gens qui méritent de poser sur tes prods. On va faire le nécessaire." Donc, à partir de là, on s’est organisé pour contacter des gens et ramener des connections. Je me suis occupé de ramener le concept. Le fait de combler l’écart (Fill the gap), de trouver le chaînon manquant entre la France et les Etats-Unis. On a travaillé ensemble sur la pochette, moi j’ai fait les mixes de cet album, pour que ce soit cohérent et fort. A l’image de l’album, qu’il voulait faire. Encore une, fois c’est le défi et surtout l’envie de dire « Ok, on est des français. Mais les cainris, on va vous botter les fesses » (rires). Le truc c’était de se mettre au même niveau, de réussir à faire ce qu’avait fait Nicolay avec Phonté. Ramener une identité et en même temps, un son. Pari gagné.

Pas mal de sites anglophones, parlent de ce projet, notamment www.undergroundhiphop.com, et aussi www.spinemagazine.com...

Oui, il y a eu aussi Fat Beats qui a prit notre disque, c’est vrai que «  Fill The Gap » est un projet sévère. Il faut bien comprendre que c’est un producteur français qui a des instrus qu’on peut décrire comme « magiques » , qui décide de les proposer au probablement meilleur de la scène de Los Angeles et de Detroit. Des mecs comme Declaime, Wildchild

D’ailleurs Wildchild n’arrête pas de te citer dans son morceau, c’est assez marrant…

(Rires) Il y a aussi Black Milk, Frank N Dank, Phat Kat, Hezekiah. C’était aussi intéressant de se dire, au final : "Ok, on a l’oreille. On sait faire. On sait sélectionner les gens qu’il faut. Avoir ce coté « direction artistique ». On a le savoir faire de donner de la bonne musique".

Peux-tu nous parler du Velvet Club ?

C’est mon groupe de musiciens, avec lesquels j’évolue depuis bientôt 1 an et demi. A la base, je bossais avec le « Rimshot ». En fait, ils m’ont demandé à plusieurs reprises de venir faire des morceaux avec eux. Je pensais réellement qu’on allait partir sur un disque ensemble. Parce qu’à l’époque, le guitariste du groupe me demandait si ça pouvait m’intéresser d’intégrer le crew. Et ça, m’intéressait vraiment de me retrouver à travailler avec des gens comme Song qui est sur mon album, Sly The Mic Buddha et leurs musiciens qui étaient assez mortels.

Je t’avais vu à La Scène Bastille avant Hocus Pocus, c’était avec eux ?

Non là, c’était avec les Funky Bastards. Je n’avais pas encore de groupe attitré. C’était des gens qui me demandaient de travailler avec eux. Et comme c’était des expériences que j’avais déjà fait. J’avais déjà bossé avec Made In Paris sur la fin du groupe. Ca avait duré 2 mois. J’étais encore dans La Cliqua, à cette époque. Je m’amusais.

Ça remonte à longtemps, alors

Oui, il n’y avait déjà plus Zizi Rider, c’était que les musiciens. Et moi, je ramenais ma part de hip-hop dans ça. J’avais une série de pote qui étaient instrumentistes, bassistes, chanteurs, chanteuses. Donc mon expérience avec le Rimshot Crew m’avait vraiment fait kiffé parce que c’était la suite de ce que je connaissais. Par exemple, pour moi avant The Roots, c’était Brand New Heavies, The Goats aussi. Avec ces groupes là, je savais depuis très longtemps que j’avais envie de rapper avec des musiciens. Donc après la rencontre avec les Funky Bastards, j’avais fait la 1ère partie d’Isaac Hayes avec le Rimshot Crew et un des types de la régie, Yann m’a dit qu’il était batteur, on se connaissait déjà. Il m’a proposé de monter notre propre groupe. Et c’est ça qui a fait que Yann m’a fait rencontré Thomas le guitariste. Comme j’avais travaillé avec les Funky Bastards, je connaissais déjà la bassiste Jérôme et le clavier David. C’est Jérôme qui m’a présenté mon nouveau bassiste Seb, parce que Jérôme est parti en Australie. Et bien sur Kozi. Au final, ce groupe s’est fait très naturellement. Aujourd’hui donc, on prépare un album ensemble. On essaye de faire une grosse partie de mes scènes ensemble.

Ça sera un album de combien de titres ?

Un 12-14 titres, je pense. Notre façon pour réaliser cet album est assez simple. On compose nos morceaux ensemble, à la maison et on les rejoue et enregistre en studio. Ça va te paraître dingue, mais après cet album, je vais rester dans ce délire là, car c’est ma came. On a un autre son, c’est celui que j’ai toujours voulu.

Est-ce que le fait d’avoir travailler avec Hocus Pocus pour le morceau « Du sable su les paupières » t’as ouvert des portes ?

On a la chance d’avoir un type comme 20 syl qui est vraiment dans l’état d’esprit hip-hop, du partage. C’est un des rares, à m’avoir permis, lorsqu’il avait de grandes radios comme France Inter, Skyrock d’être à ses cotés pour parler de mes projets.
Cette rencontre a été très naturelle car elle suivait, le travail qu’on avait fait pour le morceau « Dis moi ce qu’elles veulent » dans mon album «  2 Pieds Sur Terre ». C’est quelqu’un avec qui j’avais passé un très bon moment et à travers ce que j’avais déjà entendu de lui, musicalement, cela ne m’avait pas étonné.
D’ailleurs, je pensais même qu’il était plus timide que ça. (Rires) Après, je lui disais que ça serait bien qu’on se retrouve en tant que rappeur, sur un titre. Tracklist, nous a donné l’occasion de le faire. David (de Tracklist), avait imaginé ce duo. On l’a fait. Ensuite 20 syl et Yann de On & On ont souhaité le mettre sur la réédition de « 73 touches ». De là, son public me découvrait finalement. Dans toute ma carrière, il y a peu de gens qui m’ont donné des réelles opportunités. Il fait parti de ces gens là, donc un BIG UP à 20syl pour son état d’esprit et surtout pour sa qualité de travail, avec le parcours exemplaire de Hocus Pocus.

Penses-tu avoir reçu vraiment la reconnaissance que tu mérites ?

Je ne pense pas, je fais parti de ces gens qui travaillent énormément et qui ont toujours des choses à proposer. Et finalement, je n’ai pas encore cette reconnaissance. Mais je pense que ça va venir. Tant qu’on ne donnera pas du Kohndo à grande échelle, je ne pourrais pas avoir une certaine reconnaissance . Tous mes projets sont sortis en indé. Par contre, je ne me pose pas cette question, je vis sans me la poser, parce que le temps passe et il me donne raison. J’ai toujours fait de bons paris musicaux, mes projets tiennent dans le temps. Il me reste à poursuivre dans ma lignée, à développer ça. Et puis un jour, ce succès viendra. Comme je dis, toujours : Dans le Rap, je suis un Old Timer, mais dans le domaine de la musique, je suis un jeune musicien.

http://www.myspace.com/kohndo
http://www.kohndomusic.com/





lundi 4 février 2008, par Punisher
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