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Beats, Rhymes & Life : A la découverte de DJ Brasco

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vendredi 30 novembre 2007, par Punisher
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DJ Brasco s’est fait connaître récemment en sortant son premier album "Fill the Gap" au tracklisting impressionant : Wilchild, Black Milk, Frank N Dank.... Comme d’hab, cela nous a intrigué, et Youvox est parti à la découverte de ce beatmaker au travers de ces quelques questions...

Peux-tu te présenter ?

Dj Brasco, 25 ans, originaire de Toulon, DJ depuis 10 ans, Beatmaker depuis 4 ans, fan de musique !

Comment as-tu commencé ?

Mon histoire avec le hip hop (en tant qu’acteur) commence en qualité de DJ à la radio, il y a 10 ans de ça. Un pote du lycée me fait découvrir une radio associative toulonnaise où il anime une émission : Radio Active. Deux émissions hip hop ont un créneau le mercredi après-midi et le vendredi soir. Je commence alors à mixer le mercredi puis rapidement le vendredi où je fais la connaissance de Jeff (mon manager) qui m’impliquera dans les projets du collectif DV Corp. Après l’expérience de la scène, de la radio, de soirées j’ai eu véritablement besoin de me tourner vers autre chose et ce fut la production. Une initiation à la MPC 2000 le temps d’un après-midi et j’étais convaincu que c’est ce qu’il me fallait pour prendre encore plus mon pied dans la musique.

Tes influences ?

En matière de Hip Hop, elles sont évidentes et sans surprise (puisque citées par tous les producteurs Hip Hop de la planète !) : J Dilla bien entendu, Pete Rock, Hi Teck, Kev Brown, Will I Am, Madlib pour les plus connus. Mais je dois avouer que le travail de producteurs un peu plus « confidentiels » comme Oddisee et Hezekiah ont également réussi à me mettre de belles claques ! Quoiqu’il en soit, je reste un fan de musique en général et je t’avoue acheter de plus en plus de vieux disques (soul, jazz, funk, rock, BO…) plutôt que des albums ou maxis rap.

As-tu fais partie d’un groupe, en tant que DJ ou concepteur ?

Non pas véritablement. Le boulot de DJ ou de producteur est plutôt ingrat, parce que tu n’existes qu’au travers des aventures de groupe, même si les albums instrumentaux intéressent de plus en plus de monde. Un de mes futurs challenges est de bosser sur la totalité d’un album avec un MC ou un groupe.

Participé à des compétitions ?

Quelques concours de RMX en France qui n’ont rien donné ! J Puis un concours de RMX gagné aux USA pour un projet de Tasherre d’Enajetic (un très bon MC de Detroit qui a participé à l’élaboration d’un titre sur l’album). Ça s’arrête là…

Tu utilises quoi comme matos ?

Le centre névralgique reste une MPC 3000 LE, qui m’a permis d’élaborer plus de la moitié des productions de l’album. Le reste des titres a été composé avec une MPC 2000 XL. J’utilise également une MPC60, une Triton LE comme clavier, une carte son Motu 828mkII, un préampli Universal Audio LA-610, un tube direct Manley, un micro Neumann TLM 103, des monitors Event studio precision 8 et Yamaha MSP5, une bass Fender Precision, une batterie Premier, mes Technics MkII, mes vinyles et quelques petites percussions que j’utilise en prise directe.

Comment as-tu rencontré Kohndo ?

Tout ça remonte à 2004 où nous étions partis avec DV sur une dynamique de maxis français et Kohndo faisait partie des artistes avec qui nous souhaitions travailler. Nous l’avons contacté, on lui a envoyé des beats et il a tout de suite répondu présent. À la suite de quoi il est descendu sur Toulon pour enregistrer un titre. Kohndo était alors en pleine préparation de « Deux pieds sur terre » et il est reparti avec quelques-uns de mes beats dans son sac afin de maquetter des titres pour son album. Le titre « Bad trip » a été le seul rescapé du tracklisting final. Depuis nous sommes restés proches dans le travail et pas seulement.

Avais-tu, avant ta production sur « 2 pieds sur terre », participé à d’autres projets, en tant que DJ ou concepteur ?

Non.

Peux-tu nous parler de Green Stone Records ?

Green Stone Records est une structure portée essentiellement par Kohndo. Il en parlerait mieux que moi. Avec DV Corp., nous avions eu quelques expériences plus ou moins réussies dans le « music business ». Ca nous a permis de voir ce qu’on savait très bien faire et ce que l’on faisait moins bien. Green Stone Records nous donne un coup de main sur ces points faibles. Mais c’est une aventure musicale et humaine avant tout. L’oreille de Kohndo nous a également été très utile. Enfin, en venant de province, c’est important d’avoir un relais sur Paris, là où tout se fait.

Fill The Gap : Pourquoi avoir choisi ce titre ?

« Fill the gap » (combler le vide, l’espace) est une tournure métaphorique établissant un pont artistique entre la France et les État Unis (et au-delà même !). Une invitation au voyage (d’où la thématique des taxis sur chaque pochette de maxi et de l’album) faisant abstraction des éventuels préjugés concernant l’origine géographique de la musique. Et je dois dire que les artistes américains sont assez ouverts sur ce sujet. Je veux dire par là que peu importe ton pays d’origine si le son est bon, il l’est et c’est tout ce qui compte. En France, j’ai le sentiment qu’en ayant la même démarche que j’ai pu avoir sur cet album, l’idée « ouais, c’est qu’un français qui fait des titres avec des cainris ! » reste dans l’esprit de beaucoup de gens. Si j’avais été américain, l’attention de ces gens pour le projet serait certainement différente.

Combien de temps as-tu pris pour réaliser cet album ?

Deux ans de travail. La logique d’album ne s’est vraiment mise en place qu’en septembre 2005.

Comment as-tu procédé pour toutes ces connections ? Rencontres virtuelles ou studio ?

Essentiellement des contacts directs via mon propre réseau ou celui de Kohndo. Le net (notamment myspace évidemment) m’a permis de compléter le tracklisting. L’essentiel de l’album s’est élaboré à distance à l’exception de la collaboration avec Wildchild qui s’est faite en studio chez Kohndo. Ceci étant, la distance n’enlève en rien les véritables connexions et les échanges concernant la réalisation de chaque titre. Il s’agit d’un véritable travail de conception avec chaque artiste et non une collaboration « mécanique » sans échange de point de vue.

As-tu des anecdotes, des coups de cœur à propos de tes invités ?

C’est vrai qu’il y a des artistes avec qui le contact s’est établi plus naturellement qu’avec d’autres. Je pense à Oddisee, Buff 1, Hezekiah, FrankNDank, Tasherre d’Enajetic, Lee, Wildchild qui ont été très pros dans leur travail. Le plus difficile à convaincre au début à été Oddisee, étant lui-même un très bon producteur il a fallu que je mette au boulot ! Les premiers titres que j’avais bossé ne le branchaient pas plus que ça. On a mis le truc en stand-by, puis je me suis mis à travailler vraiment un beat pour lui. Le mois suivant, on se capte sur msn, je lui envoie le titre et sa réaction ne s’est pas faite attendre : un grand « Wow man !!! » et j’ai compris qu’on été sur le point de faire un bon titre. Sinon c’est vrai qu’une de mes plus grandes satisfactions a été les feedbacks des artistes par rapport à mes productions, qui, plus d’une fois, m’ont demandé si c’était bien moi qui produisait les beats que je leur envoyais. Le titre choisi par Phat Kat a aussi une histoire. L’instru était initialement un remix d’un de ses titres phares « Dedication to suckers ». Dans le lot de sons que je lui ai proposé, il a directement accroché sur cette instru. Je ne m’étais donc pas trompé dans mon travail de remix à l’origine !!!

Quel est ton objectif avec cet album ?

Le principal objectif avec cet album est de me faire une bonne carte de visite afin de booster un peu mon boulot et de développer des collaborations en France comme à l’étranger. C’est une manière de dire « voilà ce que je sais faire ».

Avais-tu le désir de créer une atmosphère particulière dans ton album ?

Pas vraiment en fait. Je savais très bien avec qui je voulais bosser mais je n’avais de ligne directrice au départ. L’atmosphère s’est affinée au fil de l’élaboration de l’album.

Tu as sorti 2 maxis « Shut It Down » / « We’re Comin’ » et « Go Hard » / « Robin Hood Theory », quels ont été les retours pour ces 2 maxis ?

Les réactions sont majoritairement positives. Ces deux maxis apparaissent comme une bonne découverte pour un public sensible au son de Detroit et de la Bay Area. Les maxis s’écoulent plutôt bien en France et à l’étranger, c’est une bonne chose. Les 500 premiers exemplaires du « Go hard » ont été écoulés en 15j. On a re-pressé direct.

As-tu l’intention de bosser un jour avec des musiciens ?

Étant moi-même musicien à la base (batteur) il est évident que ça ne me poserait pas de problème et c’est vrai que c’est la grande mode ! Pour le moment l’occasion ne s’est pas présentée. Mais ça reste quelque chose qui me brancherait bien.

Quel est le rôle de HIP- HOP RESISTANCE dans ton album ?

Quand on voit leur programmation événementielle et mon tracklisting, la convergence saute aux yeux. Ca se traduit par un soutien respectif à nos projets.

As-tu l’intention de déployer une véritable stratégie de promotion, notamment : réaliser un clip, médias, street marketing, etc. ?

Malgré un tracklisting en « or » et notre volonté de proposer un album soigné, je tiens à rappeler que DV Corp. et Green Stone sont des structures indépendantes. Le budget est donc un budget d’indépendant : modeste ! Pour la promotion institutionnelle (presse, radio, web…) on bosse avec la meilleure équipe de la place : Promo Only. Sans froisser personne, j’ai eu à faire à eux en étant DJ radio sur Active, leur travail m’a convaincu. Occuper le web est aussi extrêmement important. Concernant un clip, l’accueil fait à l’album provoquera peut-être les choses.

Comment distribues-tu ton album en France ? à l’étranger ?

Quand l’orientation US de l’album a été prise, l’ambition du projet est naturellement devenue internationale. Il nous fallait toucher différents marchés dans le monde, avec comme cibles prioritaires le Japon et les USA. C’est chose faite aux travers de licence ou de distrib. L’album sort en France, en Europe, au Japon, en Australie et aux USA grâce au mythique label FatBeats notamment.

Des scènes de prévues ?

Une scène annonçant la sortie de l’album était prévue lors de la venue de Black Milk et Guilty Simpson à Paris (au Nouveau Casino) malheureusement des problèmes de santé m’ont empêché d’être présent. Ceci étant, d’autres dates devraient se mettre en place en début d’année 2008.

Qu’aimerais-tu accomplir par la suite ? Quelque chose que tu n’aurais pas eu la chance de faire dans ce premier album ?

Je pense avoir déjà été gâté pour ma première sortie. Je souhaite continuer sur cette lancée et susciter l’intérêt chez d’autres artistes afin que ma musique vive tout simplement.

Pour finir en beauté, DJ Brasco vous propose de télécharger gratuitement ce petit mix de 20 minutes concocté spécialement pour Youvox Urban, bande de veinards !

TELECHARGER LA MIXTAPE (clique droit)

Tracklisting :
1/Creestal « Do what you do »
2/Dj Brasco feat Frank N Dank« Shut it down »
3/MED « PUSH »
4/Dj Brasco feat Declaime & Georgia Anne Muldrow « Robin hood theory »
5/Dj Brasco feat Black Milk & Nametag « Go Hard »
6/Dj Brasco feat Phat Kat & Dj Greem « We’re comin »
7/Frank N Dank « Pause »
8/Dj Brasco feat Precise Hero & Velben « Look at you »

vendredi 30 novembre 2007, par Punisher
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