
Avec son concert au Bataclan le 15 mars dernier, Beat Assailant attaquait fort. C’était le rendez vous à ne pas manquer pour fêter la sortie nationale d’Imperial Pressure, le deuxième album (chez Dirty Dozen Records). Comme à son habitude, le groupe avait préparé un live puissant et généreux.
D’entrée, on pouvait penser le ton donné : du son brut, lourd, avec une ambiance très intrigante, oppressante. Couvert par un clavier électro, Danny Wild, le guitariste scande « Imperial pressure » a travers sa talkbox tandis que le batteur chauffe l’assemblée avec un Break Beat digne des plus grands classiques Eastcoast des années 80. Quand les cuivres font leur entrée la tension monte encore, le concert est lancé. The most real démarre dans la moiteur ambiante : dans la foule, ça transpire déjà, ça se balance, hoche de la tête et commence à jeter le bras en l’air quand le refrain arrive.

Le public suit le rappeur, hurlant d’une seule voix les « This is the real shit ! » et autres « You better know I play no game... » . Sans transition aucune, deux autres morceaux vont dérouler glissant doucement du Hip Hop le plus sommaire à un univers très Funk où basse et guitare s’expriment pleinement toujours sous un tapis de cuivres très propres. De morceaux très Motowniens à d’autres comme Trust, plus hybrides, on sent l’équipe bien en place sur scène, de la délicieuse choriste au quintuple champion du monde DMC Dj Pfel. Celui-ci sera encore remarquable plus tard sur sa routine.

Un autre monde bien plus Rock va s’ouvrir avec le single Better than us, terriblement efficace sur scène mais surtout sublimé par la présence de l’invité Mani Hoffman. Le rythme est tenu tout au long du concert et chaque tube du groupe est un succès dans la fosse comme aux balcons : ça se déhanche sur le très jazzy I like cash et ça saute furieusement sur les festifs Charlie White et Crash the party.
Un grand moment de musique est vécu par la salle lorsque Max Pinto se lance dans un solo de saxophone alto auquel Dj Pfel répond de ses platines reproduisant la séquence à partir de samples de saxophone baryton. Sur scène on sent la joie de se retrouver face à un public connaisseur et extrêmement demandeur.
La fin du concert arrive et le groupe entame un puissant medley de ses influences. Les cuivres démontrent une nouvelle fois leur importance, réinterprétant avec brio les mélodies de certains des plus grands succès de l’histoire du Rap : The next episode et Still D.R.E. de Dr. Dre. Janice Leca nous offrira de son côté une réinterprétation envoûtante de I Got Love de Nate Dogg. La clôture du concert se fait comme de coutume par un freestyle du rappeur sur la fin de Hard twelve, issu du premier album éponyme. Sans révolutionner le show, cette conclusion permet à chaque membre du live band de goûter pleinement cet instant de gloire plein d’émotion.
Si vous avez raté l’évènement, Beat Assailant jouera au Solidays en juillet prochain. D’autres part, la tournée Française continue avec en particulier des dates à Rennes, Montpellier ou encore Lyon. La liste complète des dates est disponible sur le myspace du groupe : http://myspace.com/hardtwelve
Crédit Photos : Julie Lima







